Aujourd’hui la MDSAP a été mise en lumière dans un article sur le Parisien. On parle beaucoup de grands enjeux. De transitions. De chiffres. De projections. Et puis il y a ce qui, dans la vraie vie, ne se mesure pas si facilement : le quotidien.
Le quotidien, c’est une maison qui doit rester vivable. Un espace qui doit rester sûr. Une organisation qui ne doit pas s’effondrer. C’est une série de gestes simples, répétés, invisibles, qui font pourtant toute la différence. Et quand ces gestes disparaissent, tout devient plus lourd. Plus fragile. Plus incertain.
À la MDSAP, nous connaissons cette réalité. Nous la voyons chaque jour. Parce que notre métier, au fond, n’est pas seulement d’intervenir. C’est de soutenir. Soutenir une autonomie. Soutenir une dignité. Soutenir une vie qui continue, malgré l’âge, la fatigue, les imprévus, les accidents, les périodes difficiles.
L’entretien du cadre de vie est souvent le premier service auquel on pense, et c’est normal. Il y a dans ce travail quelque chose de très concret : remettre de l’ordre, de la propreté, de la clarté. Mais il y a aussi quelque chose de plus profond, que l’on dit rarement. Car une maison entretenue, ce n’est pas seulement une maison propre. C’est un lieu où l’on respire mieux. Un lieu où l’on se sent encore chez soi. Un lieu qui ne devient pas une contrainte, mais reste un refuge.
Il y a ensuite le jardinage, et c’est un métier qu’on sous-estime trop. Parce qu’un jardin, vu de loin, ressemble à un confort. Mais, pour beaucoup, il devient vite une question de sécurité et de liberté. Une allée qui glisse, une haie qui envahit, un portail qui se bloque, un passage encombré… Et ce n’est pas seulement un extérieur qui se dégrade : c’est un espace qui se referme. Entretenir un jardin, c’est rouvrir un chemin. C’est rendre un lieu accessible. C’est permettre à quelqu’un de sortir sans crainte, de profiter, de circuler, de garder ce lien simple avec l’air, la lumière, les saisons.
Et puis il y a l’assistance administrative, cette partie du quotidien qui ne se voit pas, mais qui écrase. Les courriers qu’on laisse sur la table. Les démarches qu’on repousse. Les formulaires qui inquiètent. Tout cela s’accumule, et l’accumulation finit par fatiguer autant que la maladie. Être accompagné, là aussi, change tout. Parce que ce n’est pas seulement une question de paperasse : c’est une question de confiance. Comprendre ce qu’on doit faire. Savoir dans quel ordre avancer. Retrouver la sensation qu’on maîtrise encore quelque chose.
Enfin, il y a l’assistance informatique, devenue incontournable dans une société qui numérise tout. On pourrait croire qu’il s’agit d’un détail. Mais un mot de passe perdu, une mise à jour impossible, une démarche en ligne obligatoire, une visio avec les enfants qu’on n’arrive pas à lancer… Et l’on se retrouve, très vite, à l’écart. Aider à se reconnecter, ce n’est pas seulement “dépanner”. C’est préserver un lien. Une autonomie. Une place dans le monde.
Ce que nous défendons à la MDSAP, c’est cela : la valeur du travail discret. La valeur de ces métiers qui ne font pas de bruit, mais qui empêchent les vies de basculer. Et la valeur de celles et ceux qui les exercent avec sérieux, patience, précision.
C’est aussi pour cette raison que nous avons fait le choix de la coopérative. Parce que nous ne voulions pas d’un modèle pressé, fragile, interchangeable. Nous voulions un modèle qui respecte les personnes, qui protège la qualité, qui construit dans la durée. Un modèle où l’on avance ensemble, où l’on partage la valeur, où l’on reconnaît le travail bien fait.
Et oui, nous voulons grandir. Non pas pour faire du volume, mais pour renforcer ce qui compte. Structurer, investir, consolider, améliorer, transmettre. Faire grandir durablement la coopérative, sans jamais renoncer à l’essentiel : la qualité du service, et la reconnaissance de celles et ceux qui le rendent possible.
Le quotidien n’est pas un sujet secondaire. C’est ce qui rend une vie possible, jour après jour. Et c’est exactement ce que nous choisissons, à la MDSAP, de défendre et de faire grandir.