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Extrait de Les Echos – Entrepreneurs en date du 4 juillet 2017- Article d’Yves Vilagines

A l’occasion de la journée internationale des coopératives, le point de vue d’Amélie Rafael, entrepreneuse et militante du secteur coopératif, vice-présidente de la Confédération générale des Scop.

Avec un peu moins de 25.000 entreprises, le secteur coopératif affiche des créations nettes depuis une dizaine d’années, preuve de la modernité de cette forme de société, tous secteurs confondus : agricole, bancaire, mutualiste, industriel… Entretien avec la vice-présidente de la Confédération générale des Scop, Amélie Rafael.

Quelle est la pertinence d’une création ou d’une reprise en coopérative ?

Beaucoup de projets de coopérative sont des créations. Les équipes portent des projets d’entreprise un peu différents en termes d’organisation et de management. On voit aussi quelques reprises d’entreprises en difficulté, mais plus le projet est gros, plus c’est compliqué. Ma première expérience était une reprise d’entreprise en difficulté dans laquelle j’ai été salariée puis dirigeante. C’était une entreprise de recherche en biotechnologie qui n’a pas réussi à atteindre son point mort. Nous l’avons cédée pour des raisons économiques. Aujourd’hui, je travaille toujours dans une Scop, Syndex, comme experte pour les comités d’entreprise dans le secteur pharmaceutique.

La loi Hamon qui oblige à l’information des salariés en cas de cession a-t-elle des effets ?

La demande se développe, mais difficile de dire s’il ne s’agit pas également de l’air du temps et du travail de terrain des unions régionales. La loi Hamon a permis surtout de développer des outils pour la reprise en scop d’entreprises en bonne santé, grâce aux scop d’amorçage et d’un MBO avec un tiers financeur pendant sept ans. La transmission d’entreprises saines représente aujourd’hui 20 % environ des nouvelles Scop.

L’agrément entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus) a-t-il éloigné les créateurs ?

Ce n’est pas la même chose. Au-delà des projets sociaux et solidaires, nous défendons aussi un mode de gouvernance, l’association durable des salariés, le management participatif et un autre regard sur la rémunération du capital. Les scop portent cette différence. Et elles ont quelque chose d’éminemment moderne. On rencontre plus de jeunes qui sont séduits par cette modernité. D’ailleurs, on a des projets de coopérative dans le numérique, par exemple.

Le statut n’est-il pas une faiblesse pour des start-up qui doivent aller vite et lever de l’argent ?

Plus l’intensité capitalistique est importante, plus elle est rapide et pas immédiatement rentable, plus c’est compliqué… mais pas impossible ! Des expérimentations sont en cours avec un accélérateur de start-up en Rhône-Alpes et un fonds d’investissement national, Coopventure.

Quelles sont selon vous les clefs du succès d’une coopérative ?

Il faut une cohérence entre le projet et l’équipe. C’est un ensemble. Mes expériences en coopérative ont été extrêmement intéressantes d’un point de vue humain. Dans une coopérative, on est en capacité de participer aux décisions, on comprend pourquoi on fait les choses. Pour l’entreprise, c’est une force. Cela permet de prendre beaucoup plus vite certaines décisions compliquées, par exemple lorsqu’il faut redéployer des effectifs ou faire attention économiquement. D’ailleurs, on devrait passer du temps à expliquer la stratégie dans toutes les entreprises. Un dirigeant peut certes prendre une décision rapide seul, mais si l’ensemble de son entreprise n’assume pas, ce n’est pas bon.

Entreprendre en coopératif signifie-t-il obligatoirement faible rémunération ?
En coopérative, on ne rémunère pas le capital. Alors, si votre Scop fonctionne bien, vous gagnez sans doute plus, en salaire et en participation, que dans une entreprise classique. Dès qu’on estime que la scop est assez solide en fonds propres, en général, les salariés s’y retrouvent. L’échelle des salaires est plus courte en coopé­rative. Aussi, les salariés moins qualifiés sont souvent au-dessus de la norme.

En savoir plus sur https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/aides-reseaux/beaucoup-de-jeunes-sont-seduits-par-la-modernite-des-cooperatives-311454.php?I6FrIdmp9JeokhWe.99

 

« Ce secteur qui regroupe les mutuelles, les associations, les coopératives et les sociétés commerciales à but social représente d’ores et déjà 10% du PIB et 12% des emplois privés. Focus sur ce secteur en plein boum à l’occasion du «Mois de l’économie sociale et solidaire» qui démarre cette semaine.

Faire découvrir au plus grand nombre une autre façon de concevoir l’économie, tel est l’objectif du «Mois de l’économie sociale et solidaire» qui s’ouvre tout juste. Mal connu du grand public, le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) regroupe les mutuelles, les associations, les coopératives et les sociétés commerciales à but social. Soit 200.000 entreprises au total, représentant 10% du PIB et 12% des emplois privés. Les entreprises de l’ESS emploient ainsi plus de 2,36 millions de salariés, soit un emploi privé sur 8 en France, selon un rapport de Bercy. L’entrepreneuriat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. «Quelque soit le statut juridique des entreprises, leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi», explique le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Tout un esprit.

Photo figaro

Ainsi 9 personnes handicapées sur 10 sont prises en charge par des établissements de l’économie sociale ainsi que 68% des services d’aide à domicile pour les personnes dépendantes. Et même 30% des hôpitaux sont gérés par l’économie sociale. En comparaison, l’ESS représente 1,5 fois plus d’emplois que le secteur de la construction et 4,5 fois plus que l’agroalimentaire. C’est, à coup sûr, un moteur pour l’emploi: plus résilientes à la crise que celles du secteur privé traditionnel, les structures et entreprises de l’ESS ont connu une croissance plus de trois fois supérieure au cours des 10 dernières années (+23% contre 8%), entraînant la création de 440.000 emplois nouveaux. D’ici 2020, près de 600.000 emplois devront être renouvelés en raison des départs en retraite.

Le secteur a même eu « sa » loi.

Toutes les catégories sont concernées, depuis les jeunes entrepreneurs jusqu’aux cadres, en passant par les chômeurs en reconversion. Ainsi en mai dernier, les jeunes entrepreneurs de l’ESS ont été mis à l’honneur à Bercy, qui avait distingué les start up du secteur les plus innovantes comme LearnEnjoy (éducation pour les enfants atteints d’autisme), Siel Bleu (association qui vise à améliorer la qualité de vie des personnes fragilisées grâce à l’activité physique adaptée) ou encore Enercoop (service citoyen de l’énergie).

Quant à l’agence pour l’emploi des cadres (Apec), elle vient de publier une étude soulignant l’attrait croissant des cadres pour les associations, où ils peuvent entamer une nouvelle carrière, séduits par une forme de gestion «démocratique» et «humaine» des organisations du secteur, perçues comme davantage porteuses de valeurs humanistes que les autres.

En juillet 2014, une loi relative à l’ESS, portée par Benoit Hamon puis Carole Delga, a même été votée afin de donner toute sa place à cette économie alternative à la logique marchande classique et permettre son essor. A défaut d’une consécration, une vraie reconnaissance! »

 

source : Le Figaro


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